Le facteur déterminant, c'est
l'homme!
Par le Groupe d'études philosophiques des ouvriers de la Verrerie de Tchangtcbouen, 1972
En vue d'appliquer dans tous les domaines la ligne générale qui consiste à
"édifier le socialisme selon les principes: déployer tous ses efforts; aller toujours de l'avant; quantité, rapidité,qualité et économie", arrêtée par notre grand dirigeant, le président Mao, et
son grand principe stratégique: "Se préparer en prévision d'une guerre et de calamités naturelles, et tout
faire dans l'intérêt du peuple", nous devons, en nous servant comme arme de la
pensée philosophique du président Mao,faire valoir pleinement l'esprit d'initiative subjectif de l'homme
dans le domaine de la production et régler correctement le rapport entre
l'homme et le matériel, afin que le mouvement de masse pour l'accroissement de la production et la pratique de l'économie progresse triomphalement dans la voie de la pensée mao
tsétoung.
Créer les conditions matérielles quand elles
font défaut
En 1969, notre usine s'est vu confier une nouvelle tâche: fabriquer une pièce
importante, appelée couramment "un niveau à bulle", utilisée dans certains appareils de précision.
Tout le monde se sentait transporté et était décidé à faire de son mieux pour
appliquer la grande mesure stratégique du président Mao: "Se préparer en prévision d'une guerre et de
calamités naturelles, et tout faire dans l'intérêt du peuple." Il était exigé
de ce nouveau produit qu'il n'éclatât ni sous un froid de 60° ni sous une chaleur de 50°.
Pour lui donner de telles perfections, la mise au point ne pouvait se faire
sans les conditions suivantes: température constante, absence totale de poussière et de secousses.
Or, l'atelier d'instruments de mesure n'était qu'une pièce en terre battue
donnant sur la rue, dont les vitres tremblaient chaque fois qu'un train passait; le sol et les murs étaient en terre, les installations faites avec les moyens du bord, et le dispositif de
régularisation de température indispensable n'existait naturellement pas.
Que faire en l'absence de toutes ces conditions
matérielles?
Il en était qui ne voyaient pas d'autre moyen que de tendre la main vers
l'Etat, mais la majeure partie des camarades s'y opposaient et suggérèrent que l'on fabriquât le nécessaire soi même.
Que le développement de la production et la mise au point de nouveaux produits
exigent certaines conditions matérielles, tout matérialiste doit nécessairement le reconnaître.
Seulement, quand on met au point un nouveau produit, on se trouve souvent
devant la contradiction née du fait que l'on ne dispose pas de toutes les conditions matérielles requises.
Pour ceux qui ne savent que tendre la main, on ne peut entreprendre le travail
avant que l'Etat n'ait fait des investissements et accordé de nouvelles installations et des matériaux.
Ces camarades tournent toujours autour des conditions matérielles et ne voient
pas la puissance créatrice illimitée des masses populaires; ils ne comprennent pas que les conditions matérielles peuvent être créées par les hommes armés de la
penséemaotsétoung.
Nous, la classe ouvrière, nous sommes partisans de mettre la main à la
pâte.
Pour nous, l'élément décisif pour développer la production et sortir des
produits qui relèvent des domaines avancés de la science et de la technique, c'est l'homme et non le matériel.
Tout comme le président Mao nous l'enseigne: "Tant qu'il y aura des hommes, des
miracles de toute espèce pourront être accomplis sous la direction du Parti communiste."
C'est ainsi que les camarades en vinrent à déclarer: "La condition la plus
importante de toutes, c'est d'avoir des hommes armés de la pensée mao tsétoung, et l'esprit
révolutionnaire de travailler d'arrachepied en comptant sur ses propres forces.
Les conditions matérielles fontelles défaut, nous les créerons!"
Attendre que les conditions soient réunies ou les créer, voilà ce qui reflète
la lutte entre les deux conceptions du monde et les deux lignes.
Tendre la main à l'Etat et attendre de disposer de toutes les conditions est
signe que le poison répandu par la ligne révisionniste dans le domaine de la gestion des entreprises n'est pas encore complètement éliminé, tandis que se mettre au travail et créer les conditions
soi même est la marque du style propre au prolétariat, la matérialisation de la grande pensée du président Mao : "compter sur ses propres forces", "lutter avec endurance" et "La diligence et
l'économie doivent être. . . observées dans la gestion des usines."
Notre conscience s'étant élevée, nous nous jetâmes immédiatement dans le combat
pour la mise au point du "niveau à bulle".
En l'absence de machines, nous fîmes le travail à la main, tout en y apportant
des innovations; n'ayant pas les machines nécessaires, nous en fabriquâmes avec les moyens du bord.
Pour mettre nos "niveaux" à l'abri de la poussière, nous les travaillions en
les maintenant sous une énorme cloche de verre.
Pour réaliser les conditions de température constante, nous ouvrions les
fenêtres quand il faisait trop chaud, et allumions le feu quand il faisait trop froid.
Pour éviter les secousses dues aux vibrations, nous fixions la position de la
bulle la nuit quand la circulation avait pratiquement cessé dans la rue.
C'est ainsi que nous avons réussi à mettre au point des "niveaux" correspondant
aux normes en créant des conditions de propreté là où elles faisaient défaut, des conditions pour une température constante là où elles variaient constamment et des conditions de stabilité en
dépit des vibrations.
En faisant le bilan des enseignements tirés, tous furent d'accord pour dire que
du moment que l'on compte sur ses propres forces tout en étant animé de l'esprit révolutionnaire de travailler d'arrachepied, les conditions matérielles qui font défaut peuvent être créées; quant
aux machines construites avec les moyens du bord, elles peuvent également sortir de nouveaux produits si elles correspondent aux normes scientifiques et si leur conception est
rationnelle.