Un communiqué de nos camarades du fanzine Révolution
Le fanzine Révolution est disponible au téléchargement, n° 1 et N° 2
Disponible sur le site www.contre-informations.fr
Depuis le 11 Novembre, les neuf personnes du « comité invisible » se murent dans le silence.
Se taire devant les flics et les juges est une attitude tout à fait normale pour des révolutionnaires.
L'absence de communiqué politique de la part des emprisonnéEs, quant à lui, et encore plus la ligne «silencieuse» de la «mouvance», commence à être problématique.
Cette stratégie du silence est étrangère à la tradition révolutionnaire. Historiquement, en dehors des conditions propre au fascisme, les révolutionnaires emprisonnéEs ont toujours exprimé leur
identité révolutionnaire dans un communiqué public.
Quand le fascisme arrête des révolutionnaires, son offensive ne s'arrête pas aux arrestations: il s'ensuit la torture, l'emprisonnement en camps spéciaux, etc.
Mais dans la démocratie bourgeoise, après les arrestations vient le moment où l'Etat tente de conquérir l'opinion publique dans le cadre du rapport de forces entre le capitalisme et les masses
populaires.
Voilà pourquoi les révolutionnaires, lorsque devenus des otages de l'Etat bourgeois, ont toujours tenu à exprimer leur identité et leur caractère prolétarien.
Faire de leur emprisonnement même un moment de l'affrontement avec le capitalisme, porter la lutte de classe au coeur même du dispositif judiciaire a toujours été la tactique des
révolutionnaires.
C'est une tâche politique absolument incontournable et d'une grande importance, c'est une étape dans la lutte des classes, étape qui joue un rôle énorme dans la liaison entre les masses et les
révolutionnaires.
De la même manière, le soutien aux militantEs emprisonnéEs a été et est toujours compris comme une tâche politique, comme une part de la guerre du peuple contre le système capitaliste.
Cette compréhension du caractère politique de la lutte dans les prisons est, d'ailleurs, une des différence entre les révolutionnaires et les sociaux-démocrates.
Au lieu de cela, les « comités de soutien » suivent tous une ligne totalement apolitique et pour tout dire à la limite de la dissociation.
On y parle que de « l'injustice » qui serait faite aux inculpés, leur « innocence », de la « disproportion » de la répression, de la non-dangerosité des actions supposées des personnes
inculpées.
Sans parler des insinuations sur le « complot d'Etat » et sa quête de « bouc-émissaires » qui serait derrière tout ça - délires habituels des trotskistes, révisionnistes et autres syndicalistes,
mais habituellement étrangers aux autonomes ou aux anarchistes révolutionnaires.
Est-ce cela la ligne des « anarcho-autonomes » ?
Parler de « guerre sociale », d'« insurrection », mais voir la main de l'Etat derrière chaque action de rébellion, se plaindre de la « disproportion » de la répression et demander à l'Etat
bourgeois de « respecter sa légalité »?
Pire que tout, le seul document public qui émane du près des personnes inculpées et qui est mis en avant est une «Lettre ouverte des parents des neuf mis en examens du 11 Novembre» datée du 24
Novembre.
Il y est dit:
« Nous sommes bien obligés de dire à Michelle Alliot Marie que si la
simple lecture du livre "L'insurrection qui vient" du Comité Invisible fait d'une personne un terroriste, à force d'en parler elle risque de bientôt avoir à en dénombrer des milliers sur son
territoire.
Ce livre, pour qui prend le temps de le lire, n'est pas un "bréviaire terroriste", mais un essai politique qui tente d'ouvrir de nouvelles perspectives. »
« Aujourd'hui, des financiers responsables de la plus grosse crise économique mondiale de ces 80 dernières années gardent leur liberté de mouvement, ne manquant pas de plonger dans la misère
des millions de personnes, alors que nos enfants, eux, uniquement soupçonnés d'avoir débranchés quelques trains, sont enfermés et encourent jusqu'à 20 ans de prison.»
Il faut poser la question: est-ce là un point de vue conforme à la guerre sociale prônée dans l'insurrection qui vient? »
Est-ce la ligne de défense des personnes arrêtées: affirmer qu'elles ne sont pas des « terroristes », mais simplement des saboteurs, ou encore des contestataires, des utopistes?
N'ont-ils qu'une si piètre opinion des actions menées ?
N'est-ce, comme le laisse entendre les « parents », finalement qu'un « jeu » pour eux ?
Et que dire du couplet sur les « financiers » responsables des maux de la société si ce n'est que c'est une réflexion classique de la bourgeoisie catholique et qu'elle relève à proprement parler,
il faut bien le dire, du spectre idéologique fasciste et antisémite!
Est-ce là le point de vue des personnes arrêtées sur l'économie, sur le capitalisme?
VIVE L'ACTION ANTI FASCISTE!
Toute ma vie, j'ai joué la comédie à ma famille ; pour moi, la réalité, c'était la rue. Je ne faisais rien d'autre que de faire semblant avec les bonnes sœurs et les curés ; si je servais la messe, c'était pour avoir l'occasion de voler le vin de messe ; si je chantais dans les chœurs, c'était parce qu'on m'y forçait. Lorsque nous allions en tournée dans les écoles catholiques des riches Blancs, nous étions toujours bien traités, bien nourris et récompensés par des cadeaux.
Le vieux Père Brown nous détestait, mais il me mettait toujours au premier rang quand nous étions en représentation. Je ne sais pas exactement pourquoi ; j'étais le plus vilain, le plus maigrichon des petits gringalets du groupe. Les hommes noirs nés aux Etats-Unis et assez chanceux pour être encore en vie à l'âge de dix-huit ans sont conditionnés à voir l'emprisonnement comme inéluctable.
1971
MAO ZEDONG D'où viennent les idées justes ? (Mai 1963) Tombent-elles du ciel? Non. Sont-elles innées? Non.
Elles ne peuvent venir que de la pratique sociale, de trois sortes de pratique sociale: la lutte pour le production, la lutte de classes et l'expérimentation scientifique. L'existence sociale des hommes [et des femmes] détermine leur pensée. Et les idées justes qui sont le propre d'une classe d'avant-garde deviennent, dès qu'elles pénétrent les masses, une force matérielle capable de transformer la société et le monde. Engagés dans des luttes diverses au cours de la pratique sociale, les hommes acquièrent une riche expérience, qu'ils tirent de leurs succès comme de leurs revers. D'innombrables phénomènes du monde extérieur objectif sont reflétés dans le cerveau par le canal des cinq organes des sens - la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût et le toucher; ainsi se constitue, au début, la connaissance sensible. Quand ces données sensibles se sont suffisamment accumulées, il se produit un bond par lequel elles se transforment en connaissance rationnelle, c'est-à-dire en idées.
C'est là un processus de la connaissance. C'est le premier degré du processus général de la connaissance, le degré du passage de la matière, qui est objective, à l'esprit, qui est subjectif, de l'être à la pensée. A ce degré, il n'est pas encore prouvé que l'esprit ou la pensée (donc les théories, la politique, les plans, les moyens d'action envisagés) reflètent correctement les lois du monde objectif; il n'est pas encore possible de déterminer s'ils sont justes ou non. Vient ensuite le second degré du processus de la connaissance, le degré du passage de l'esprit à la matière, de la pensée à l'être: il s'agit alors d'appliquer dans la pratique sociale la connaissance acquise au cours du premier degré, pour voir si ces théories, politiques, plans, moyens d'action, etc. produisent les résultats attendus. En général, est juste ce qui réussit, est faux ce qui échoue; cela est vrai surtout de la lutte des hommes contre la nature.
Dans la lutte sociale, les forces qui représentent la classe d'avant-garde subissent parfois des revers, non qu'elles aient des idées fausses, mais parce que, dans le rapport des forces qui s'affrontent, elles sont temporairement moins puissantes que les forces de la réaction; de là viennent leurs échecs provisoires, mais elles finissent toujours par triompher. En passant par le creuset de la pratique, la connaissance humaine fait donc un autre bond, d'une plus grande signification encore que le précèdent. Seul, en effet, ce bond permet d'éprouver la valeur du premier, c'est-à-dire de s'assurer si les idées, théories, politiques, plans, moyens d'action, etc. élaborés au cours du processus de réflexion du monde objectif sont justes ou faux; il n'y a pas d'autres moyen de faire l'épreuve de la vérité. Or, si le prolétariat cherche à connaître le monde, c'est pour le transformer; il n'a point d'autre but. Pour que s'achève le mouvement qui conduit à une connaissance juste, il faut souvent mainte répétition du processus consistant à passer de la matière à l'esprit, puis de l'esprit à la matière, c'est-à-dire de la pratique à la connaissance, puis de la connaissance à la pratique. Telle est la théorie marxiste de la connaissance, la théorie matérialiste-dialectique de la connaissance.
Un communiqué de nos camarades de la CNT-F:
Enseignants, postiers, travailleurs licenciés…
contre les profiteurs, la société c’est nous !
Alors qu’en haut l’État brandit soudain des milliards de l’agent public pour éponger les crasses des banquiers et des spéculateurs, et que les licenciements collectifs
s’abattent sur les travailleurs provoquant de véritables catastrophes humaines, en bas l’État en profite pour liquider ce qu’il lui reste de politiques sociales qui ne soient pas
complètement livrées à la voracité du marché.
Pour s’opposer à cette politique, les directions syndicales organisent la riposte de manière dispersée. A la SNCF, le mouvement entamé contre le « travailler plus pour gagner moins » local est
prévu pour le 23 novembre.
Dans l'éducation, une forte mobilisation a eu lieu le 20 novembre notamment contre les suppressions de postes, malheureusement non rejointe par l’ensemble des services publics qui sont tous
touchés par les restructurations de la RGPP (Révision générale des politiques publiques), véritable plan social qui dégrade les services publics, et précarise ses agents.
Et ce samedi 22 novembre a lieu une grande manifestation nationale pour défendre le service public postal dont la privatisation n’est que reportée par le gouvernement qui tente ainsi d’empêcher
une mobilisation plus vaste et populaire contre sa politique.
Car la privatisation de la Poste est emblématique de l’insécurité sociale voulue par le libéralisme : commencée il y a quinze ans par le démantèlement de l’entreprise publique, et par la
précarisation de ses salariés, elle continue aujourd’hui par la fermeture des bureaux « non rentables », et par la répression brutale des syndicalistes qui s’y opposent. La CNT, privée de droits
syndicaux, est particulièrement touchée : A Bordeaux Bègles 14 syndicalistes ont été licenciés ou mis à pied pour des faits de grève par la Poste qui s'acharne maintenant par des poursuites
pénales. Serge Reynaud, militant CNT à Marseille, vient d’être mis à pied pour deux ans pour son implication dans le mouvement contre la réforme « facteur d’avenir » et à St-Genis Laval, Brigitte
Geugnon, également militante CNT, est menacée de sanctions.
La CNT appelle à participer à la manifestation du 22 novembre ainsi qu’aux journées de mobilisation des autres secteurs, mais regrette le saucissonnage des luttes par des directions syndicales
qui privent les travailleurs de leur force principale : le nombre et le blocage de l'activité par la grève reconductible la plus large possible.
Pour la CNT seule l’action directe et démocratique des travailleurs à la base peut déboucher sur un mouvement interprofessionnel, mené par les assemblées générales d’établissement et de localité,
seules légitimes et capables de faire pression efficacement sur les gouvernements, de bloquer leurs projets, et d’obtenir des victoires sociales.
Contre la précarité, les licenciements, les patrons publics ou privés, grève générale interprofessionnelle !
et parce que ce n'est pas toujours aussi simple
Visitez le site: http://lhommesansqualités.free.fr
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