Continental : justice de classe et réponse de classe !

Publié le par ANTIFA

Les salariés de l’usine Continental de Clairoix ont saccagé mardi après-midi des bureaux de la sous-préfecture de l’Oise à Compiègne après l’annonce du tribunal de grande instance de Sarreguemines (Moselle) qui les a déboutés de leur demande d’annulation de la fermeture de leur usine, a-t-on appris de source policière.La ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie a condamné ces “dégradations”. Dans un communiqué, elle dit déplorer ces “débordements portant atteinte à des bâtiments et biens publics”. “Tout en comprenant la détresse et l’inquiétude des salariés de l’entreprise”, la ministre “rappelle que de tels agissements ne sauraient être tolérés, et assure que tout est mis en oeuvre pour en identifier les auteurs”.

 

Mme Alliot-Marie souligne par ailleurs que l’Etat s’est “toujours engagé pour faciliter le dialogue social et aider à la recherche de solutions” dans “le dossier difficile du site Continental de Clairoix”.

Les syndicats de Continental réclamaient l’interdiction de la fermeture du site de Clairoix (Oise) qui emploie 1.120 personnes. Mais le tribunal de grande instance (TGI) de Sarreguemines (Moselle) les a “déboutés sur tous les points, même sur le délit d’entrave”, a déclaré à l’Associated Press Philippe Biernacki, délégué syndical CFDT du site de Clairoix.

Cinq syndicats (CGT, FO, CFDT, CFTC et CGC) avaient introduit un référé pour faire interdire cette fermeture, au motif selon eux que le groupe allemand de pneumatiques n’a pas respecté les règles d’information au comité d’entreprise.

Les syndicats et leur avocat, Me Ralph Blindauer, estimaient que la direction a présenté la fermeture de Clairoix “comme acquise et irréversible alors que le processus d’information n’avait pas débuté”. En outre, le comité d’entreprise européen aurait dû être avisé puisque le site allemand de Stöcken est également concerné par une fermeture, estimaient les syndicats.

“On a aujourd’hui des salariés très en colère et je pense que le conflit risque de monter d’un cran. On ne sait pas comment on va tenir la gestion du conflit. On est au stade où les salariés n’ont plus rien à perdre”, a déclaré Philippe Biernacki. “On va commencer les négociations en Comité central d’entreprise pour arracher le maximum”.

La crainte d’incidents s’est confirmée dans l’après-midi.

Après avoir pris connaissance de la décision judiciaire vers 15h, plusieurs dizaines de salariés en colère se sont rendus à la sous-préfecture de l’Oise à Compiègne: l’unique policier n’a pu les empêcher d’entrer et de gagner les bureaux de la sous-préfète et de son secrétariat, a-t-on précisé de source policière. Les manifestants les ont saccagés, jetant notamment du mobilier par la fenêtre. Les “Clairoix” sont ensuite repartis dans leur usine peu avant 16h.

Les dégradations ont été confirmées de source syndicale.

Faisant valoir les difficultés actuellement traversées par l’industrie automobile, Continental a annoncé le 11 mars qu’il fermerait d’ici la fin mars 2010 son usine de Clairoix, qui emploie 1.120 salariés.

Racheté l’année dernière par son compatriote Schaeffler, l’équipementier allemand explique que sa surcapacité dépasse les 15 millions de pneus. Or, le site de Clairoix en produit 7,5 à 8 millions par an.

Le 16 mars, des incidents avaient conduit à l’interruption d’un premier CCE. Le 25 mars, une délégation syndicale avait été reçue à Paris à l’Elysée tandis que plusieurs centaines de salariés rassemblés place Saint-Augustin avaient manifesté leur colère en brûlant des pneus.

En 2007, les ouvriers de l’usine picarde avaient accepté de renoncer aux 35 heures pour travailler 40 heures par semaine à la demande de la direction. Continental avait en contrepartie réalisé des investissements sur le site, 44 millions d’euros ayant été injectés depuis 2004.

 

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