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Madame, Monsieur
Vous n’êtes pas sans savoir que des militants d’extrême droite, déçus par le
front national et le système démocratique, réactivent des groupuscules néo
nazis sous couvert de « tradition » de culture et d’identité locale. Notre
région Lorraine n’est malheureusement pas épargniée par ce phénomène.
Pour permettre la diffusion de leur propagande haineuse, mais aussi pour
toucher et asseoir leur emprise sur la jeunesse, ces derniers organisent
prochainement un concert et un rassemblement dans un de nos villages du
Toulois.
Se sachant à la limite ou en dehors de la légalité, les organisateurs
cultivent le secret quant au lieu exacte de cette soirée. A ce jour, seul un
*flyer* circulant sur internet, dans les lycées et collèges permet de
connaître la date et le nom des groupes musicaux qui joueront lors de ce
concert.
Les groupes invités sont bien connus des milieux néo-nazis RAC (rock
anti communiste) et nationalistes RIF (rock identitaire français). Les
groupes *Frakass*, *Hotel Stella* et *A Contre Courant* sont clairement
nationalistes et xénophobes.
*Hotel Stella* est un groupe originaire de Paris composé essentiellement de
membres des Jeunesses Identitaires Paris (ou Projet Apache, leur nouveau
nom). Malgré des paroles peu politisées, le groupe se produit dans des
concerts RAC, comme le 21/04/07 à Lyon au côté de *Fraction* (groupe de
Philippe Vardon et Fabrice Robert, leaders des Identitaires et anciens
chefs d’Unité Radicale). Ils étaient également présents le 9 mai 2007 pour
le concert organisé autour d’une commémoration d’extrême droite, aux côtés
des néo-fascistes de *Zetazeroalpha* (pour plus d’infos sur ce concert :
http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article314 )
Le groupe est emmené par Gaëtan Bertrand (responsable des JI Paris) et
Richard Pareti (ancien membre du groupe *In Memoriam*, proche à l’époque du
MNR et d’Unité Radicale).
*Frakass* est un groupe RAC issu de la scène lyonnaise de la fin des
années 90. Après un long passage à vide, Frakass est réapparu depuis
quelques années. Ils sont proches du groupuscule néo nazi très violent
*Blood
and Honour Ludgunum*. Ils étaient programmés lors du désormais fameux
concert RAC à Tours le 18 avril 2009, lequel aurait vu la reformation du
groupe skin néo-nazi des années 80 Bunker 84.
http://www.rue89.com/2009/04/15/le-concert-neonazi-de-tours-interdit-par-la-prefecture-0
Le dernier groupe est un groupe local, amené par des individus de la
mouvance *Bonehead* raciste et néo-nazi du bassin Toulois et Lorrain. C’est
un groupe récent, c’est pourquoi nous n’avons que très peu d’information à
leur sujet.
Nous vous rappelons que le concert du 18 avril, prévu à Tour et durant
lequel devait jouer un des groupes programmés prochainement dans le Toulois,
a été purement et simplement frappé d’interdication préfectorale. La menace
de voir plusieurs centaines de néo-nazis déambuler dans les rues, avec les
risques de violences inéhrents ont été pris au sérieux par les autorités
étatiques. En Alsace, suite à l’enchainement de ce type de soirées, des
directives particulières ont été données aux élus des communes afin de
contrôler systématiquement la réalité des motifs de location des salles
communales. Ceci afin d’éviter des rassemblements néo-nazis sous couvert de
fêter des anniversaires ou des mariages. La seule possibilité légale qui
s’offre à eux est d’organiser des événement sous couvert de « fête privée »
dans des lieux loué à cet effet. C’est pourqui nous vous rendons
particulièrement attentif si, à la date mentionnée par le *flyer, *vous avez
ou vous vous apprétez à louer une salle communale. Souvent, les locations
sont effectuées par des personnes insoupconnables (jeune femme louant pour
un anniversaire, jeune couple pour un mariage, ami d’un ami du club de
football…). En cas de doute, les édiles locaux sont invités à prendre
immédiatement contact avec les gendarmes.
Nous vous invitons à faire de même afin d’empêcher que ces groupuscules
néo-nazis puissent avoir la possibilité d’endoctriner les jeunes toulois par
leur propagande racialiste qui tombe sous le coup de la loi.
Dans l’espoir que ce courrier retienne votre attention et que, par votre
vigilance et votre pouvoir de premier magistrat de commune vous participiez
à l’isolement de cette idéologie d’un autre temps, nous vous prions
d’accepter, Madame, Monsieur, l’assurance de notre considération et nos
salutations antifascistes.
des antiracistes et antifascistes lorrains
La fusion Assédic-ANPE, officielle depuis le 19 décembre, se réalise dans la douleur et au plus mauvais moment. Alors que la liste des inscrits ne cesse de
s’allonger, les agents sont dépassés, les demandeurs d’emploi déboussolés et les syndicats demandent une suspension de la convergence pendant la crise.
« Ce qui est sûr, c’est que je n’attends rien de Pôle Emploi. » Le constat de Pascale Thomas, Messine de 53 ans, est implacable.
DOSSIER
Mais pas infondé à entendre cette assistante de direction au chômage depuis janvier 2008. Le référent et le lieu unique ? « Ce sont des plus. Mais
fondamentalement, ça ne change rien. » Le suivi mensuel personnalisé et obligatoire ? « Je n’ai plus reçu de convocation depuis décembre 2008. » Le 39 49, numéro unique ? «
Une plateforme impersonnelle. » Les offres ? « On m’y donne les mêmes que celles que je consulte depuis chez moi. Je vois parfois passer des CDD de deux jours, ou d’un mois à
raison d’une heure hebdomadaire ! Comme l'ANPE avant, le Pôle Emploi fait face à un vrai problème de crédibilité auprès des chefs d’entreprises, qui préfèrent mettre leurs offres
ailleurs. »
Les formations ? « On nous dit de profiter du contexte difficile pour renforcer nos compétences. Je voudrais faire une licence professionnelle de management des organisations mais je
n’arrive pas à obtenir le financement. » L’accueil ? « Un conseiller m’a dit qu’on ne recontrait que de la souffrance au Pôle Emploi, y compris chez les employés. Ils n’ont plus le
temps d’aller démarcher les entreprises. On a rassemblé des gens qui ont un statut et une philosophie de travail différents et on ne leur donne pas de moyens. Je ne veux pas les accabler car
leur restructuration est dure à gérer, et qu’en plus elle survient au plus mauvais moment. »
Chercher ailleurs
Résultat : Pascale apprend à ne compter que sur elle-même. Tous les matins, son premier geste est de se brancher sur internet. Les sites
cadremploi.fr, apec.fr, carriereonline.com ou monster.fr, n’ont plus de secret pour elle. Mais les rares propositions susceptibles de faire
l’affaire restent souvent lettre morte. Son dernier entretien remonte à juillet 2008. La faute à la crise bien sûr.
Mais pas seulement : « Il y a aussi le problème de l’âge. Aujourd’hui, une candidature senior est souvent classée directement à la poubelle. Je ne comprends pas pourquoi. Je n’ai pas
moins d’énergie qu’un jeune », explique cette dynamique quinquagénaire avant de dresser un inventaire à la Prévert de ce qu’elle appelle son atout senior : « Un vrai savoir-faire,
des savoirs discrets, une expérience et une maturité me permettant de faire face à tout type de situation, une capacité d’apprentissage égale à celle des jeunes, des valeurs plus trop répandues
en entreprise, comme la générosité, la collaboration inventive. »
Cette femme, qui a travaillé pendant près de trente ans, pour différentes entreprises en France, au Luxembourg, en Suisse ou à l’international, est pourtant prête à concéder de nombreux
sacrifices : « J’ai postulé jusqu’à Caen ou Avignon. Je demande un salaire de 2 000 € brut, alors qu’avant, je les avais largement en net. » Mais rien n’y fait. « J’ai déjà
vécu cette situation à six ou sept reprises. D’habitude, je mettais trois semaines pour retrouver du travail. Là, pour la première fois de ma vie, je suis inquiète pour l’avenir. Si dans
dix-huit mois je n’ai toujours rien, je n’aurais plus que l’allocation spécifique de solidarité pour vivre, soit 350 € par mois », finit-elle par confier, le regard dans le vide.
Philippe MARQUE.
Source : le républicain
Lorrain
cour administrative d’appel de nancy
Malgré la prescription, plus de 60 victimes des rafles des Vosges, en 1944, aimeraient obtenir 100 000 € chacune au titre de dommages et intérêts.
La cour administrative d’appel de Nancy s’est intéressée hier à une affaire qui oppose le ministère de la Défense aux anciens membres de l’Association des Patriotes transférés en Allemagne par représailles (APTA), aujourd’hui dissoute. Cette dernière regroupait plus de soixante survivants des rafles effectuées entre juillet et fin septembre 1944 en Haute-Saône, dans les Vosges, le Territoire de Belfort et le pays de Montbéliard. «Ces rafles étaient une réponse de l’Allemagne au débarquement en Normandie, explique leur conseil, Me Emmanuel Ludot. Il s’agissait d’hommes uniquement, jeunes de préférence. Ils ont été enlevés au hasard, au petit matin, et ont servi de main-d’œuvre à l’Allemagne. Ils travaillaient dans des usines d’armement notamment, pendant que les jeunes Allemand étaient au front. Ils ont été traités comme des esclaves. »
Les survivants de ces transferts forcés souhaitent que l’Etat français soit déclaré responsable d’une faute lourde et condamné à verser à chacun la somme de 100 000 euros à titre de dommages et intérêts. Leur requête avait d’abord été présentée devant le tribunal administratif de Besançon, mais elle a été rejetée en avril 2007.
Six mois pour se manifester
Hier en appel, le rapporteur public a abouti aux mêmes conclusions, activant à son tour le levier de la prescription. Car une somme de 400 millions de deutschmarks
(environ 204 M€) avait été versée par la RFA le 15 juillet 1960 pour indemniser les victimes françaises des persécutions nazies et l’Etat français avait mis cet argent à disposition pour une
répartition dont les anciens membres de l’APTA n’ont jamais profité. Pour prétendre à une indemnisation, ils devaient en effet se manifester dans un délai de six mois. «Il leur incombait de
se manifester », a fait valoir le rapporteur public, ajoutant : «Aucun texte n’imposait de rechercher ces personnes ».
Me Ludot n' a pas été surpris par ces conclusions et ne se berce pas d’illusions quant à l’arrêt de la cour administrative d’appel qui sera rendu dans trois semaines. «La prescription est
un argument facile pour ne pas indemniser et ce problème est assez récurrent dès lors qu’on touche au comportement assez nauséabond de la France dans cette période, a-t-il déploré.
Six mois pour se manifester, c’est un délai trop court, d’autant que la loyauté commandait de le faire savoir publiquement. Or, tout s’est fait discrètement à l’époque. Il n’y a pas eu
d’avis dans les journaux locaux, sinon quelques uns diffusés de façon très discrète.» Conscient de « jouer contre le temps », eu égard à l’âge de ses clients (sept sont déjà
décédés), l’avocat envisage déjà de poursuivre son action à Paris. «On ira devant le Conseil d’Etat », affirme-t-il.
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