Action Antifasciste

Mercredi 8 juillet 2009 3 08 /07 /2009 12:46
source : http://actionantifascisteartois.over-blog.com/


La liste de Daniel Duquenne, soutenue par la quasi-totalité des partis politiques, y compris l'UMP, a obtenu 52,38 % des voix. La liste FN conduite par Steeve Briois et Marine Le Pen a recueilli 47,62 % des suffrages. Le taux de participation qui avait atteint 60,15 % au premier tour, a atteint dimanche 62,38 %.


Le FN progresse donc de 10 points, soit d'environ 1000 voix, et obtient 8 sièges au conseil municipal.

Si Steeve BRIOIS n'est pas Maire cette fois, il est impossible de voir dans ces résultats une défaite électorale du FN.
Briois est un personnage atypique, loin d'être la marionnette de Marine Le Pen, il est l'acteur principal de la réussite du FN à Hénin Beaumont. Par ailleurs, il n'est pas un pur produit du FN, en effet, il a voyagé du FN au MNR, avant d'être à nouveau investi par un FN qui avait besoin de victoire.
Steeve BROIS se définit lui-même comme l'enfant du Pays, et le fait est que beaucoup le reconnaissent comme tel, et apprécient qu'il ne soit pas un "parachuté". C'est son travail de militantisme qui permet aujourd'hui d'asseoir sa légitimité auprès des habitants de Hénin-Beaumont.

Comme nous l'avons déjà remarqué, le programme électoral de Steeve BRIOIS est clairement tourné vers les intérêts de la petite-bourgeoisie. En effet, il fait de la défense du petit commerce et de la sécurité l'axe principal de sa politique, la baisse des impôts locaux et les projets urbains favorables à la propriété privée du foncier étant les arguments les plus utilisés par la propagande de la liste "Hénin Beaumont renouveau".

Les artisans et petits commerçants du centre Ville sont confrontés à la concurrence directe du Centre Commercial Auchan Noyelles Godault, dont les 22 000 m² de surface de vente aspirent toute activité commerciale. Outre le supermarché (le plus grand de la marque en France), une zone entièrement aménagée, asphaltée, avec ses rond-points et ses feux rouges, est dédiée à l'aménagement de l'habitat, tandis qu'une autre est consacrée à la restauration et aux loisirs.
Ce pôle commercial est le fruit d'un projet de développement économique élaboré par les municipalités sociales-démocrates qui se sont succédées depuis 30 ans, encourageant sans cesse l'essor de la grande distribution, ainsi que de l'intercommunalité (Communauté d'agglomération d'Hénin Carvin), qui a "vendu" le projet à Auchan et à ses partenaires.
Steeve Briois écume les rues et les marchés de Hénin-Beaumont depuis des années, accompagnés de militantEs qui lui sont dévouéEs, et ce, que des échéances électorales approchent, ou non. Ce contact direct avec les commerçants lui a permis de développer un argumentaire en leur faveur. Il a gagné leur confiance, et son projet de réaménagement urbain, visant à redynamiser et à sécuriser le centre ville, séduit nombre de nostaligiques du Hénin prospère et vivant de " l'époque bénie des houillères".

En dehors des petits commerçants, le centre commercial mécontente d'autres habitants. Steeve Briois a été le premier à différencier les Héninois des Beaumontois, depuis la fusion des communes de Hénin-Liétard et Beaumont en Artois en 1971. Cette distinction n'est pas neutre : Beaumont faisait figure de village à dominante agricole avant que le centre commercial Auchan ne s'implante. De nombreux petits propriétaires, employés en dehors de Hénin, cherchant le calme de la campagne avaient investi dans la pierre beaumontoise, et se trouvent aujourd'hui dans l'insécurité quant à la réalisation de leur plus-value à la revente. De plus, durant la même période, ces mêmes personnes, qui craignaient pour leur bien, ont vu les impôts locaux doubler en six ans, au cours du mandat de Dallongeville.


Hénin Beaumont a une culture ouvrière, de nombreuSEx HeninoiSEs ont fait l'histoire du mouvement ouvrier, ont versé leur sang : PCF, SFIO et CGT y faisaient le plein d'adhérentEs. C'est cet héritage ouvrier familial, culturel, qui a permis à la sociale-démocratie de s'imposer.
D'abord, à l'époque de l'industrie lourde, de la métallurgie, de la mine, en détournant les ouvrierEs de leurs aspirations révolutionnaires, le vieux syndicat et ses alliés parlementaires ont imposé la "raison", le bon sens, en s'alliant avec le patronat pour s'imposer en médiateurs.
Ensuite, alors que la crise des années 70-80 menaçait les emplois et la vie des ouvrierEs, les socio-democrates ont désamorcé les volontés révolutionnaires en promettant d'abord de sauver les industries lourdes, puis, de restructurer l'économie locale en attirant des entreprises, ou en développant l'emploi public territorial.
Enfin, aujourd'hui, les socio-traitres se postent en garants de la démocratie, en rempart contre la "bête immonde", et appellent les ouvrierEs à se remémorer leurs valeurs progressites, dont ils seraient eux-mêmes les légitimes représentants.

Leur programme est un vide politique, leur existence ne tient qu'à la "morale républicaine", la sauvegarde des institutions, envers et contre tout.

Bien sur il y a les magouilles de l'ancien maire PS, qui heurtent légitimement la morale des habitantEs, et qui permettent sans doute à Brois de ralier à lui au son du refrain habiuel de "tous pourris". Mais au delà, Briois a su s'éloigner des clichés de l'extrême droite.
Il dit ne pas être raciste, le slogan "les français d'abord" ne figurent plus sur ses documents depuis 2001. Il dit ne pas être sexiste, la parité est respectée, et de nombreuses femmes militent au côté de Steeve. Notons que même la flamme du FN ne figure ni sur ses documents de campagne, ni sur son blog, qu'il tient personnellement depuis de nombreuses années.
Même si les commentaires de e-héninoisES sont nombreux, ses liens avec les habitantEs de la Ville vont au delà de l'internet : ses militantEs mènent de réelles enquêtes sociales dans les quartiers, connaissent les problèmes, fédèrent des aspirations et des colères.
Briois, à lui seul, a rassemblé près de 48% des votantEs. Marine Le Pen, quoi qu'en disent les médias, n'était que numéro 2.

Si Briois est intervenu en ouverture du congrès national du FN qui s'est tenu à Arras les 14 et 15 Mars 2009, c'était pour signaler à quel point sa stratégie avait été fructueuse. Il n'a pas abordé les thèmes de l'immigration ou de la France éternelle, mais s'est concentré sur l'offre politique.

Briois est un quasi-fasciste, en ce qu'il aspire à occuper un mandat politique local, ancré dans le paysage politique institutionnel. Briois est un pré-fasciste, en qu'il entend amener les éléments culturels et économiques locaux compatibles avec un projet fasciste global.
En effet, positionné en rebel, censé lutter seul contre tous  au delà des apparences, Briois a développé une stratégie identitaire. Prétendant oeuvrer pour le bien des héninoiSEs et des beaumontoiSEs, Briois fait appel à nos racines régionales, familiales, sociales, pour consolider un paternalisme économique et politique.

Le rôle de Steeve Briois au sein du mouvement fasciste n'est pas à négliger. Il peut être vu comme une interface entre les nationalites et les identitaires, il nous montre par sa stratégie politique, comment un pro-fasciste peut créer un terreau favorable à la rencontre des identitaires et des nationalistes en terre ouvrière.

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Le savoir est une arme. L'antifascisme doit être armé.
Par ANTIFA - Publié dans : Action Antifasciste - Communauté : Groupes Antifascistes
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Jeudi 16 avril 2009 4 16 /04 /2009 00:09
Un texte de nos camarades du PCMLM  (disponible dans nos "pages)"sur les identitaires que nous soumettons au débat...


Psychologie de masse du fascisme: La conception "identitaire" d'une France "des terroirs" où "bon sang ne saurait mentir" est-elle nouvelle?


Pour comprendre le fascisme, on ne peut pas se contenter de regarder les fascistes, de voir ce qu'ils pensent et ce qu'ils font.

Pourquoi? Parce que sinon on ne voit pas le sens de leur démarche à long terme. C'est très exactement ce qui se passe avec le courant « identitaire » de l'extrême-droite française.

Ce courant se développe, ses conceptions sont très « abouties » et sa démarche politique très particulière, et pourtant beaucoup d'antifascistes considèrent ce courant comme marginal, « à part », « inclassable », etc.

Il y a deux raisons à cela: tout d'abord les «identitaires» mettent en avant les « identités » niçoise, alsacienne, bretonne, occitane, savoisienne, flamande, etc.

Les «identitaires» prônent en effet le culte des « folklores » locaux; ils n'ont pas de stratégie à l'échelle nationale, mais prônent une sorte de nationalisme local se reconnaissant à chaque fois dans un grand tout « européen ».

Pour cette raison, certains (y compris à l'extrême-droite) n'ont vu dans les identitaires qu'un mouvement mettant en avant la culture folklorique.

Or, en pratique, les «identitaires» développent une véritable stratégie de mises en avant des particularismes locaux, pour prôner le repli sur soi, l'hégémonie des valeurs conservatrices traditionnelles, le culte des habitudes locales, etc. tout en les reliant à une vision « raciale » générale.

Derrière cela, il y a une réelle stratégie politique. En effet, grâce à leur implantation dans la « culture locale », les «identitaires» peuvent intervenir politiquement et obtenir une certaine reconnaissance; par exemple, lors de la manifestation pour la langue occitane à Béziers en mars 2007, les «identitaires» disposaient par exemple d'un stand et d'un cortège.

Un autre fait sur lequel beaucoup d'antifascistes se heurtent est la question du racisme ou plutôt du pseudo « anti-racisme » de l'extrême-droite: « l'ethno-différentialisme. »

Les «identitaires» mènent des campagnes visant le « racisme anti- blanc » et les « racailles », ils ont ainsi pu mener la campagne contre le groupe de hip hop « Sniper », dont 20 concerts ont dû être annulés.

Ils se sont également fait connaître par des « actions de solidarité » comme la "soupe aux cochons" destinée aux SDF.

Beaucoup d'antifascistes en ont déduit que les «identitaires» pratiquaient un racisme tout à fait classique et relevant du culte nazi de la race blanche.

Un tel point de vue est une très grande simplification et ne permet pas de mener une lutte antifasciste conséquente.

Pour comprendre la signification des «identitaires» et ne pas en faire un phénomène "marginal", car cela serait une grande erreur, il faut comprendre les points suivants.



a)la question de la décentralisation

Il faut que les antifascistes comprennent bien que le fascisme ne consiste pas seulement en la figure historique de Le Pen, c'est-à- dire en le culte de l'ordre fondé sur les traditions et l'armée, sur « l'unité nationale », etc.

Ce fascisme là a été prédominant à l'extrême-droite durant les années 1950-1980, principalement avec la question de l'Algérie française, de la répression des activités « gauchistes », etc.

En fait, c'est le seul qui a pu se maintenir après la seconde guerre mondiale du fait de l'engagement de ce courant « national » dans la Résistance (d'un point de vue strictement nationaliste) auprès des réseaux gaullistes.

Par exemple, le Colonel de La Rocque, chef des Croix de Feu, a été fortement engagé contre l'occupant allemand alors qu'il était le responsable d'un des plus gros mouvements fascistes français de l'époque. Son Parti Social Français, premier grand parti de masse de droite, préfigure le RPF de De Gaulle d'après 1945.

Mais avec la crise du capitalisme et la réorganisation impérialiste en cours en France (que nous avons déjà analysées), le fascisme ne se pose plus en ces termes.

Ainsi, le fascisme français se fondant sur la « grandeur napoléonienne », le « centralisme jacobin » et la culture de l'armée française n'est qu'une composante du fascisme français en général.

L'idée des « régions » qui s'opposent à la centralité jacobine de l'Etat français est une conception traditionnelle chez les nationaux-catholiques et notamment les royalistes de l'Action française; ce courant a une grande tradition depuis 1789.

Le slogan « le royalisme c'est l'anarchie plus un » résume cette conception affirmant que la décentralisation est nécessaire et que justement la structure unitaire royale permet la « démocratie à la base » et les « autonomies » (locales, régionales...).

Ce mélange de décentralisation « autogestionnaire » et d'unité nationale est même la base de la conception « nationale- syndicaliste » qui a pu se développer en Espagne, ou de la conception « nationale-anarchiste » qui est née en Angleterre.

En France, tous les « contre-révolutionnaires » opposés à la Révolution française considèrent que le jacobinisme et le centralisme en sont le produit.

La conception des «identitaires» n'a donc rien de nouveau et correspond au « fédéralisme » prôné par Charles Maurras (1868- 1952), à la grande différence que le nationalisme des identitaires n'est pas « français » mais « européen ».

Voilà pourquoi les «identitaires» entretiennent des relations avec de nombreuses organisations sur le plan européen, soit que celles- ci soient directement générées par eux, comme Causa Identitaria (Portugal), Assemblea Identitaria (Etat espagnol), Les Identitaires Genevois (Suisse), soit que ces structures existaient déjà, comme Vlaams Belang (Flandre), Lega Nord (Italie), IDEGA - Identidade Galega (Identitaires de Galice)...



b)la question du « nationalisme ethnique »

La démarche des «identitaires» repose sur deux piliers

- l'identité part du terroir, des régions, et se fond dans l'identité "européenne";

-l'identité profite du caractère « sanguin » propre à l'Europe.

Pour cette raison, beaucoup d'antifascistes en France, mais aussi de fascistes, ont considéré que les conceptions des «identitaires» n'avaient rien à voir avec « le nationalisme français » qui se base sur l'idée d'Empire et de Nation et donc englobe en quelque sorte plusieurs « races ».

Pourtant, la conception « sanguine » et « ethnique » des «identitaires» n'est pas du tout une importation allemande, mais bien au contraire typiquement française.

Il est erroné et très grave de s'imaginer que seuls les « Allemands » auraient une conception véritablement raciste.

D'autant plus que ceux qui font cette erreur s'imaginent que les «identitaires» seraient une anomalie et qu'ils n'ont aucune chance de se développer en France.

Or, les «identitaires» se placent au contraire dans une tradition bien française. La conception de la lutte « à mort » ou « pour la survie » de son propre « peuple » contre « l'invasion » était déjà le thème de Georges Vacher de Lapouge (1854-1936).

Son ouvrage, « L'Aryen, son rôle social, cours libre de science politique, professé à l'Université de Montpellier (1889-1890) » se fondait sur le même principe qui est celui du « darwinisme social »: les « aryens » formeraient une civilisation supérieure et doivent donc voir leur existence assurée par la soumission des autres civilisations ou peuples.

Hitler lui-même avait été influencé par l'anglais Houston Chamberlain (1855-1927), marié à la fille de Richard Wagner, qui fondait ses « travaux » sur ceux de Joseph Arthur de Gobineau (1816- 1882), auteur de l'« Essai sur l'inégalité des races humaines ».

On retrouve de telles idées aussi dans toute une partie de la « gauche » française comme chez Blanqui et ses lieutenants ou chez Sorel l'anarcho-syndicaliste; si on regarde bien l'histoire, c'est même en France que les nazis ont puisé la plupart de leurs conceptions politiques et racistes.

Les « identitaires » s'appuient également sur une autre conception typique du fascisme français (qui a elle aussi été exportée avec succès) : celle de « l'enracinement ».

C'est l'idéologie de la France profonde, que l'on peut retrouver également dans les oeuvres de Jean Giono.

Dans cette conception, l'identité ce n'est pas seulement la race mais aussi le rapport au passé, c'est le lien avec « la Terre et les morts ».

C'est une conception « folklorique » qui est commune à tous les courants fascistes qui le mettent plus ou moins en avant et qui a été formalisée pour la première fois par Barrès avant l'Affaire Dreyfus, puis largement reprise comme fondement du régime de Vichy.



c) La question de l'« l'activisme »

Les « identitaires » mènent une activités que certains qualifient « d'effrénées » et qui peuvent paraître « brasser de l'air ». En effet, ils multiplient les coups médiatiques comme avec « la soupe au cochon » ou la campagne contre le groupe de rap Sniper.

Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'une des caractéristiques historiques du fascisme français est sa grande diversité intellectuelle, ce qui rend assez dure la « concurrence » pour l'emporter au sein des différents groupes fascistes, afin de bénéficier de l'aval de la bourgeoisie impérialiste.

Et d'un autre côté, à la suite de la Seconde Guerre Mondiale, seules quelques tendances fascistes ont pu continuer à avoir un impact social : celles n'ayant pas (trop) collaboré, voire clairement soutenu la bourgeoisie impérialiste dont le représentant était De Gaulle.

Ce qui n'est pas le cas de la tendance mystico-romantique raciste des identitaires, qui s'est fondue dans le « travail famille patrie » pétainiste.



Ainsi, cet « activisme » débordant et médiatique des « identitaires » a deux objectifs.

D'abord, permettre de révolutionner en quelque sorte la culture d'une partie de l'extrême-droite en faisant exister en pratique leur tendance idéologique.

Ensuite, tout comme Soral et sa clique pour la tendance « gauche nationaliste », ils cherchent des solutions à ce manque d'impact social du fascisme traditionnel.

Il faut bien admettre que dans la lutte entre ces deux points de vue là, les "identitaires" connaissent un certain succès.

D'abord leur vision du monde s'est largement infiltrée au sein des appareils classique de l'extrême-droite et même de la droite.

Cela se voit par le succès de la revue « synthèse nationale » qui se situe dans leur sphère politique, des prises de positions de groupes issus du FN comme Alsace d'abord, des déclarations de sympathie ou de la reprise de thème typique des « identitaires » par des cadres FN de la tendance « conservatrice » opposée à Marine Le Pen, ou même de certains cadres de la Droite classique, par la présence de groupes aussi importants que le Vlaams Belang (de Belgique) ou la Lega Norde (d'Italie) à leur Conférence Nationale.

Le côté ridicule de certaines de leurs activités folkloriques comme les randonnées scouts dans les monts de Flandre, ou les séances de dégustation de produits du terroir, ne saurait résumer à elles seules leurs activités.

Que ce soit par les actions de lobbying internet, les manifs ou les activités sociales et culturelles, ils ont rendu une visibilité médiatique à tout leur courant politique, ré-ancré dans les réalités sociales concrètes le militantisme fasciste, ce qui les amène au fur et à mesure à sortir du rôle de supplétifs de la Droite conservatrice dans lequel ils étaient enfermés.

De la même manière, ils ont réussi à changer leur image de raciste en prônant les « identités », les « différences », les « ethnies », etc.

d)Quelle est la signification politique de l'existence des «identitaires»?

Comme on le voit, les conceptions des «identitaires» ne sont pas du tout nouvelles en France.



Mais quel est précisément l'intérêt de savoir cela, pour nous communistes?

Eh bien, simplement, il nous faut comprendre comment se développe le fascisme, en quoi consiste sa propagande. Et justement les «identitaires» apportent des « solutions » aux problèmes de la bourgeoisie impérialiste:

a)les «identitaires» proposent une nouvelle idéologie totalement opposée à l'universalisme républicain, qui peut donc apparaître comme « révolutionnaire » alors que le masque bourgeois de l'idéologie de 1789 tombe de plus en plus aux yeux des masses;

b)les «identitaires» prônent le rassemblement national au-delà des luttes de classes, en appelant aux « Français de culture, de tradition et de souche »;

c)les «identitaires» partent de la tradition réactionnaire née au 19ème siècle de critique (par la droite) du « libéralisme »: sur le plan intellectuel, le mouvement est « traditionnel »;

d)les «identitaires» permettent de lancer des mobilisations locales, en « évitant » les sujets qui fâchent comme la religion, en contournant les différences de situation existant en France (comme entre le Nord et la région PACA, ou bien Paris et la Bretagne, etc.) et leur offre des possibilités de militantisme assez large en axant leurs activités sur le travail local;

e)les «identitaires», à l'opposé des « nationaux-républicains » de Soral qui sont leurs principaux concurrents pour gagner l'estime de la bourgeoisie impérialiste, n'ont pas comme objectif la puissance française (grâce aux « néo-colonies »), mais veulent intégrer la France impérialiste dans un grand projet impérialiste pan-européen;

f)les «identitaires» tentent pour la première fois d'imaginer la structure d'une Europe impérialiste unie allant de Paris à Vladivostok, en posant comme cadre juridique les « identité régionale (identité charnelle), française (identité historique) et européenne (identité civilisationnelle) ».

Les «identitaires» ne sont pas des gens « à côté de la plaque », mais les véritables théoriciens fascistes des Etats-Unis d'Europe (sous le couvert des « Régions-Unies »). Les « identitaires » produisent l'idéologie dont ont besoin les bourgeoisies impérialistes qui en Europe ont choisi de s'unir pour former un bloc face aux Etats-Unis.

A l'inverse, la partie de la bourgeoisie impérialiste qui ne voudra pas de cette option soutiendra les courants souverainistes, comme par exemple les « nationaux-républicains » d'Alain Soral.

D'où les inévitables conflits entre ces deux tendances, l'une « européenne », l'autre « nationale ».

Il faut bien voir qu'il existait déjà un courant nationaliste « pan- européen », qui a été appelé « national bolchevik » parce qu'il prônait l'alliance tactique avec l'URSS, puis la naissance d'un empire.

Mais ce courant était purement idéaliste; il s'agissait de propositions virtuelles.

Les «identitaires» à l'opposé proposent un cadre culturel et politique, juridique et économique, ainsi qu'un cadre militant, activiste, pour y arriver.



En ce sens, les «identitaires» ne sont pas résumables à un « groupuscule ».

Bien au contraire, les «identitaires», en répondant aux exigences d'une fraction de la bourgeoisie impérialiste qui a soif d'alliance et de propositions stratégiques concrètes dans le cadre de la crise capitaliste, disposeront d'un soutien très clair d'une partie de l'appareil d'Etat et de la bourgeoisie impérialiste, et ne peuvent que grandir.

Voilà pourquoi, fondant une idéologie fasciste correspondant aux exigences d'une fraction de la bourgeoisie impérialiste, les «identitaires» revendiquent:

-le « dégoût du matérialisme, du consumérisme et de l'exploitation des travailleurs par le grand actionnariat international », c'est-à- dire le pseudo « anticapitalisme » tel que les courants fascistes l'ont toujours défini (lutte contre la « ploutocratie » (= la dictature des riches), « l'oligarchie » (= la dictature d'une élite financière), etc.);

-la « dénonciation de la non-représentativité du système électoral français et de la confiscation de la démocratie par les oligarchies (technocratique, financière, syndicale et médiatique) », c'est-à- dire le refus de la « démocratie », là encore sur une base idéologique caractéristique du fascisme (lutte contre le « libéralisme », la « démocratie corrompue », etc.);

-le « refus du prêt-à-penser et du terrorisme intellectuel », c'est- à-dire la « subversion », « l'anticonformisme », la critique « conservatrice révolutionnaire » de la société, l'attitude « rebelle »;

-l'«'hostilité à l'impérialisme, qu'il soit d'origine nord- américaine ou musulmane », c'est-à-dire très clairement l'orientation consistant en le développement de la guerre impérialiste avec les USA pour le partage du monde;

-l'« opposition totale au métissage ethnique et à la culpabilisation permanente des peuples européens », c'est-à-dire l'impérialisme pan-européen comme « super Etat » impérialiste.

Pour lutter contre le phénomène des «identitaires», pour vaincre efficacement leur propagande et les empêcher de distiller leur idéologie, il faut mettre en avant l'unité populaire dans l'objectif de la révolution et posséder une ligne de masses réelle, ancrée dans la réalité quotidienne vécue par les masses dans l'enfer capitaliste.

De plus, si en Corse et au Pays Basque les «identitaires» ne peuvent s'implanter en raison du fait que les mouvements de libération nationale sont réellement ancrés dans la réalité des luttes populaires, tel n'est pas le cas en Bretagne, et la question se pose pareillement pour les revendications démocratiques occitanes, savoisiennes, alsaciennes ...

Dans ces cas, les révolutionnaires se trouvent à la croisée des chemins: le fait est que les justes (et légitimes) revendications révolutionnaires - démocratiques peuvent se faire dévoyer par l'extrême-droite.

Voilà une preuve de plus que combattre le fascisme nécessite une connaissance sérieuse et approfondie de l'histoire de l'économie politique, que la lutte contre le fascisme nécessite que la classe ouvrière soit considérée comme la classe dirigeante en tout.


Pour le PCMLM, novembre 2007.
Par ANTIFA - Publié dans : Action Antifasciste - Communauté : Groupes Antifascistes
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Jeudi 8 janvier 2009 4 08 /01 /2009 18:03
MAO ZEDONG Contre le libéralisme (7 septembre 1937)


Nous sommes pour la lutte idéologique positive, car elle est l'arme qui assure l'unité à l'intérieur du Parti et des groupements révolutionnaires dans l'intérêt de notre combat. Tout communiste et révolutionnaire doit prendre cette arme en main. Le libéralisme, lui, rejette la lutte idéologique et préconise une entente sans principe; il en résulte un style de travail décadent et philistin qui, dans le Parti et les groupements révolutionnaires, conduit certaines organisations et certains membres à la dégénérescence politique. Le libéralisme se manifeste sous diverses formes.

On sait très bien que quelqu'un est dans son tort, mais comme c'est une vieille connaissance, un compatriote, un camarade d'école, un ami intime, une personne aimée, un ancien collègue ou subordonné, on n'engage pas avec lui une discussion sur les principes et on laisse aller les choses par souci de maintenir la bonne entente et l'amitié. Ou bien, on ne fait qu'effleurer la question au lieu de la trancher, afin de rester en bons termes avec l'intéressé. Il en résulte qu'on fait du tort à la collectivité comme à celui-ci. C'est une première forme de libéralisme.

On se livre, en privé, à des critiques dont on n'assume pas la responsabilité au lieu de s'employer à faire des suggestions à l'organisation. On ne dit rien aux gens en face, on fait des cancans derrière leur dos; on se tait à la réunion, on parle à tort et à travers après. On se moque du principe de la vie collective, on n'en fait qu'à sa tête. C'est une deuxième forme de libéralisme.

On se désintéresse complètement de tout ce qui ne vous concerne pas ; même si l'on sait très bien ce qui ne va pas, on en parle le moins possible; en homme sage, on se met à l'abri et on a pour seul souci de n'être pas pris soi-même en défaut. C'en est la troisième forme.

On n'obéit pas aux ordres, on place ses opinions personnelles au-dessus de tout. On n'attend que des égards de l'organisation et on ne veut pas de sa discipline. C'en est la quatrième forme.

Au lieu de réfuter, de combattre les opinions erronées dans l'intérêt de l'union, du progrès et du bon accomplissement du travail, on lance des attaques personnelles, on cherche querelle, on exhale son ressentiment, on essaie de se venger. C'en est la cinquième forme.

On entend des opinions erronées sans élever d'objection, on laisse même passer des propos contre-révolutionnaires sans les signaler: on les prend avec calme, comme si de rien n'était. C'en est la sixième forme.

On se trouve avec les masses, mais on ne fait pas de propagande, pas d'agitation, on ne prend pas la parole, on ne s'informe pas, on ne questionne pas, on n'a pas à cœur le sort du peuple, on reste dans l'indifférence, oubliant qu'on est un communiste et non un simple particulier. C'en est la septième forme.

On voit quelqu'un commettre des actes nuisibles aux intérêts des masses, mais on n'en est pas indigné, on ne l'en détourne pas, on ne l'en empêche pas, on n'entreprend pas de l'éclairer sur ce qu'il fait et on le laisse continuer. C'en est la huitième forme.

 On ne travaille pas sérieusement mais pour la forme, sans plan ni orientation, cahin-caha: "Bonze, je sonne les cloches au jour le jour". C'en est la neuvième forme.

 On croit avoir rendu des services à la révolution et on se donne des airs de vétéran; on est incapable de faire de grandes choses, mais on dédaigne les tâches mineures ; on se relâche dans le travail et dans l'étude. C'en est la dixième forme.

On a commis des erreurs, on s'en rend compte, mais on n'a pas envie de les corriger, faisant preuve ainsi de libéralisme envers soi-même. C'en est la onzième forme.



Nous pourrions en citer d'autres encore, mais ces onze formes sont les principales. Elles sont toutes des manifestations du libéralisme. Le libéralisme est extrêmement nuisible dans les collectivités révolutionnaires. C'est un corrosif qui ronge l'unité, relâche les liens de solidarité, engendre la passivité dans le travail, crée des divergences d'opinions. Il prive les rangs de la révolution d'une organisation solide et d'une discipline rigoureuse, empêche l'application intégrale de la politique et coupe les organisations du Parti des masses populaires placées sous la direction du Parti. C'est une tendance des plus pernicieuses. Le libéralisme a pour cause l'égoïsme de la petite bourgeoisie qui met au premier plan les intérêts personnels et relègue au second ceux de la révolution; d'où ses manifestations sur le plan idéologique, politique ainsi que dans le domaine de l'organisation. Ceux qui sont imbus de libéralisme considèrent les principes du marxisme comme des dogmes abstraits. Ils approuvent le marxisme, mais ne sont pas disposés à le mettre en pratique ou à le mettre intégralement en pratique; ils ne sont pas disposés à remplacer leur libéralisme par le marxisme. Ils ont fait provision de l'un comme de l'autre: ils ont le marxisme à la bouche, mais pratiquent le libéralisme; ils appliquent le premier aux autres, le second à eux-mêmes. Ils ont les deux articles et chacun a son usage. Telle est la façon de penser de certaines gens. Le libéralisme est une manifestation de l'opportunisme, il est en conflit radical avec le marxisme. Il est négatif et aide en fait l'ennemi, qui se réjouit de le voir se maintenir parmi nous. Le libéralisme étant ce qu'il est, il ne saurait avoir sa place dans les rangs de la révolution.

Nous devons vaincre le libéralisme, qui est négatif, par le marxisme, dont l'esprit est positif. Un communiste doit être franc et ouvert, dévoué et actif; il placera les intérêts de la révolution au-dessus de sa propre vie et leur subordonnera ses intérêts personnels. Il doit toujours et partout s'en tenir fermement aux principes justes et mener une lutte inlassable contre toute idée ou action erronée, de manière à consolider la vie collective du Parti et à renforcer les liens de celui-ci avec les masses. Enfin, il se souciera davantage du Parti et des masses que de l'individu, il prendra soin des autres plus que de lui-même. C'est seulement ainsi qu'il méritera le nom de communiste. Que tous les communistes loyaux, honnêtes, actifs et droits s'unissent dans le combat contre les tendances au libéralisme qui se manifestent chez certaines gens, pour les ramener dans le droit chemin ! C'est là une de nos tâches sur le front idéologique.
Par ANTIFA - Publié dans : Action Antifasciste - Communauté : Groupes Antifascistes
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Jeudi 25 décembre 2008 4 25 /12 /2008 15:21

Antifasciste Autonome [M] d'Allemagne



Avec la chute du mur de Berlin, l'Etat ouest-allemand a pu mettre de côté son "profil bas" en se libérant de plus en plus de la tutelle des USA et en revendiquant toujours plus fortement un nationalisme décidé. Le racisme se diffusait largement, comme avec les événements de Hoyerswerda, Solingen, Mölln, Rostock...
C'est dans ce contexte qu'est né le groupe "antifa autonome [M]", le [M] permettant de distinguer le groupe des autres groupes autonomes antifascistes nés à la même période et signifiant, selon les interprétations, "mercredi" (jour de la réunion) ou bien "marxiste".


L'autonome antifa [M] a été dans les années 1990 le groupe le plus connu de tous les groupes autonomes antifascistes, et il a joué un rôle essentiel comme émulateur et comme organisateur.
De fait, c'est même ce groupe qui a été à la base du "Black Block" en tant que forme de manifestation organisée. Auparavant il existait des black blocks en Allemagne de l'Ouest avec les autonomes, mais l'autonome antifa [M] a généralisé cette pratique et ne manifestait que sous cette forme.


L'autonome antifa [M] a en effet posé les bases de l'antifascisme autonome tel qu'il existe en Allemagne, même si bien entendu il a dû faire face à de nombreuses critiques. Celles-ci s'appuyaient essentiellement sur le fait que le groupe dénaturait la tradition autonome en étant extrêment organisé et ne faisait qu'en quelque sorte que profiter de la situation particulière de la ville de Göttingen, qui est une ville étudiante très marquée par la culture d'extrême-gauche autonome.

L'autonome antifa [M] a posé comme principe que les antifascistes devaient trouver des formes d'expression qui soient claires et qui se placent toujours en conflit avec l'Etat et l'idéologie fasciste. Dès sa fondation en 1990, l'autonome antifa [M] s'est donné comme but de toucher les masses et d'utiliser pour cela l'agit-prop ainsi que les initiatives culturelles.
L'autonome antifa [M] a ainsi produit un style nouveau (affiches, logos...), des conférences, des expositions, des petits spectacles d'agitation et propagande... et aussi ces fameuses manifestations régulières sous la forme du Black Block.


L'autonome antifa [M] entendait de cette manière montrer le rapport entre capitalisme et fascisme, et développer une nouvelle pratique révolutionnaire, propre à la période du moment.
Le groupe a ainsi produit de nombreuses analyses très poussées du fascisme, de sa naissance à partir du capitalisme, de l'antisémitisme, et il a souvent été critiqué comme étant un groupe de "cadres" voire d'intellectuels.


L'Etat allemand ne s'y est pas trompé: la campagne du groupe du 2 octobre 1995 (le 3 octobre est le jour de "l'unité allemande"), intitulé "Contre le fascisme et la justice de classe! - l'Action Antifasciste!", est interdite.
Depuis 1991, l'Etat allemand avait en effet enquêté, perquisitionné, réprimé le mouvement antifasciste à Göttingen. L'autonome antifa [M] est finalement accusé de relever du paragraphe 129 et de former une organisation terroriste. Mais est également visé le fait que les antifascistes intégraient l'histoire de la Fraction Armée Rouge (RAF) dans la "lutte pour la libération".


En huit mois, 13.929 coups de téléphones auront été écoutés. 500 personnes auront été concernés. Le procès devait même commencer... le 8 Mai 1996, jour anniversaire de la capitulation allemande! Un bâtiment de 150.000 euros devait être construit et le procès durer 131 jours!
Devant la campagne anti-répressive, les sociaux-démocrates sont alors rentrés en jeu, demandant aux antifascistes de se repentir et d'abandonner leur politique en échange de l'abandon des charges. Finalement, 17 accusés eurent à payer 1.500 euros chacun à un mémorial de camp de concentration, les énormes frais (à hauteur de plusieurs millions de Marks allemands, valant 0.5 euros) de l'enquête revenant à l'Etat.


Le groupe peut de nouveau manifester le 2 octobre 1996: "Abolir le capitalisme! Lutter ensemble contre l'Etat policier et la suppression des acquis sociaux!"
Et marquer sa victoire autant sur la répression que sur le jeu social-démocrate: "Le double visage mensonger du Parti Socialiste allemand tient à ce qu'il affirme d'un côté avoir d'autres positions que les forces réactionnaires de la CDU (Union Chrétienne-Démocrate) ou même des solutions pour les problèmes sociaux, et de l'autre côté à ce qu'il pousse en avant l'élargissement de l'Etat policier, présentant cela comme variante social-démocrate."

En avril 2004 le groupe s'est par contre dissous, cédant la place à différents autres collectifs en raison de nombreuses divergences internes. Mais il a apporté une grande contribution au mouvement antifasciste en Allemagne, en stimulant la naissance de nombreux autres groupes et en apportant un nouveau style de travail.
Il a remis en avant de façon claire et nette la tradition historique de l'Action Antifasciste des années 1930, l'adaptant aux besoins de son époque.
Par ANTIFA - Publié dans : Action Antifasciste
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Mercredi 24 décembre 2008 3 24 /12 /2008 20:34
Par ANTIFA - Publié dans : Action Antifasciste
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