Anticapitalisme

Mercredi 8 juillet 2009 3 08 /07 /2009 00:47

Le facteur déterminant, c'est l'homme!

Par le Groupe d'études philosophiques des ouvriers de la Verrerie de Tchangtcbouen, 1972

 

 

 

 

 

En vue d'appliquer dans tous les domaines la ligne générale qui consiste à "édifier le socialisme selon les principes: déployer tous ses efforts; aller toujours de l'avant; quantité, rapidité,qualité et économie", arrêtée par notre grand dirigeant, le président Mao, et son grand principe stratégique: "Se préparer en prévision d'une guerre et de calamités naturelles, et tout

 

 

 

faire dans l'intérêt du peuple", nous devons, en nous servant comme arme de la pensée philosophique du président Mao,faire valoir pleinement l'esprit d'initiative subjectif de l'homme

 

 

 

dans le domaine de la production et régler correctement le rapport entre l'homme et le matériel, afin que le mouvement de masse pour l'accroissement de la production et la pratique de l'économie progresse triomphalement dans la voie de la pensée mao tsétoung.

 

 



Cré
er les conditions matérielles quand elles font défaut



En 1969, notre usine s'est vu confier une nouvelle tâche: fabriquer une pièce importante, appelée couramment "un niveau à bulle", utilisée dans certains appareils de précision.

 

Tout le monde se sentait transporté et était décidé à faire de son mieux pour appliquer la grande mesure stratégique du président Mao: "Se préparer en prévision d'une guerre et de

calamités naturelles, et tout faire dans l'intérêt du peuple." Il était exigé de ce nouveau produit qu'il n'éclatât ni sous un froid de 60° ni sous une chaleur de 50°.

Pour lui donner de telles perfections, la mise au point ne pouvait se faire sans les conditions suivantes: température constante, absence totale de poussière et de secousses.

Or, l'atelier d'instruments de mesure n'était qu'une pièce en terre battue donnant sur la rue, dont les vitres tremblaient chaque fois qu'un train passait; le sol et les murs étaient en terre, les installations faites avec les moyens du bord, et le dispositif de régularisation de température indispensable n'existait naturellement pas.

Que faire en l'absence de toutes ces conditions matérielles?

Il en était qui ne voyaient pas d'autre moyen que de tendre la main vers l'Etat, mais la majeure partie des camarades s'y opposaient et suggérèrent que l'on fabriquât le nécessaire soi même.

Que le développement de la production et la mise au point de nouveaux produits exigent certaines conditions matérielles, tout matérialiste doit nécessairement le reconnaître.

Seulement, quand on met au point un nouveau produit, on se trouve souvent devant la contradiction née du fait que l'on ne dispose pas de toutes les conditions matérielles requises.

Pour ceux qui ne savent que tendre la main, on ne peut entreprendre le travail avant que l'Etat n'ait fait des investissements et accordé de nouvelles installations et des matériaux.

Ces camarades tournent toujours autour des conditions matérielles et ne voient pas la puissance créatrice illimitée des masses populaires; ils ne comprennent pas que les conditions matérielles peuvent être créées par les hommes armés de la

penséemaotsétoung.

Nous, la classe ouvrière, nous sommes partisans de mettre la main à la pâte.

Pour nous, l'élément décisif pour développer la production et sortir des produits qui relèvent des domaines avancés de la science et de la technique, c'est l'homme et non le matériel.

Tout comme le président Mao nous l'enseigne: "Tant qu'il y aura des hommes, des miracles de toute espèce pourront être accomplis sous la direction du Parti communiste."

C'est ainsi que les camarades en vinrent à déclarer: "La condition la plus importante de toutes, c'est d'avoir des hommes armés de la pensée mao tsétoung, et l'esprit

révolutionnaire de travailler d'arrachepied en comptant sur ses propres forces. Les conditions matérielles fontelles défaut, nous les créerons!"

Attendre que les conditions soient réunies ou les créer, voilà ce qui reflète la lutte entre les deux conceptions du monde et les deux lignes.

Tendre la main à l'Etat et attendre de disposer de toutes les conditions est signe que le poison répandu par la ligne révisionniste dans le domaine de la gestion des entreprises n'est pas encore complètement éliminé, tandis que se mettre au travail et créer les conditions soi même est la marque du style propre au prolétariat, la matérialisation de la grande pensée du président Mao : "compter sur ses propres forces", "lutter avec endurance" et "La diligence et l'économie doivent être. . . observées dans la gestion des usines."

Notre conscience s'étant élevée, nous nous jetâmes immédiatement dans le combat pour la mise au point du "niveau à bulle".

En l'absence de machines, nous fîmes le travail à la main, tout en y apportant des innovations; n'ayant pas les machines nécessaires, nous en fabriquâmes avec les moyens du bord.

Pour mettre nos "niveaux" à l'abri de la poussière, nous les travaillions en les maintenant sous une énorme cloche de verre.

Pour réaliser les conditions de température constante, nous ouvrions les fenêtres quand il faisait trop chaud, et allumions le feu quand il faisait trop froid.

Pour éviter les secousses dues aux vibrations, nous fixions la position de la bulle la nuit quand la circulation avait pratiquement cessé dans la rue.

C'est ainsi que nous avons réussi à mettre au point des "niveaux" correspondant aux normes en créant des conditions de propreté là où elles faisaient défaut, des conditions pour une température constante là où elles variaient constamment et des conditions de stabilité en dépit des vibrations.

En faisant le bilan des enseignements tirés, tous furent d'accord pour dire que du moment que l'on compte sur ses propres forces tout en étant animé de l'esprit révolutionnaire de travailler d'arrachepied, les conditions matérielles qui font défaut peuvent être créées; quant aux machines construites avec les moyens du bord, elles peuvent également sortir de nouveaux produits si elles correspondent aux normes scientifiques et si leur conception est rationnelle.

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Jeudi 25 juin 2009 4 25 /06 /2009 01:00
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Dimanche 8 mars 2009 7 08 /03 /2009 19:37

MAO ZEDONG : SOYONS DE VERITABLES REVOLUTIONNAIRES


(23 juin 1950)

Allocution de clôture prononcée par le camarade Mao à la deuxième session du Comité national de la Ière Conférence consultative politique du Peuple chinois.

La présente session a fait le bilan de l'expérience acquise dans la période qui vient de s'écouler, et elle a arrêté divers principes directeurs.

Ce travail a été accompli conjointement par nous tous, les représentants ici réunis des diverses nationalités, des classes démocratiques, des partis démocratiques, des organisations populaires et des personnalités démocrates de tous les milieux.

Outre les membres du Comité national de la Conférence consultative politique du Peuple, ont pris part aux discussions un bon nombre de cadres du Gouvernement populaire central, des gouvernements populaires (ou comités militaires et administratifs) des grandes régions administratives (1) ainsi que des provinces et des municipalités ; ont également participé aux débats les délégués des comités consultatifs issus des assemblées des représentants du peuple des divers milieux pour les provinces et municipalités(2), de même que de nombreuses personnalités patriotes spécialement invitées.

Ainsi, nous avons pu rassembler un large éventail d'opinions, examiner le travail effectué et définir les principes à suivre.

Cette méthode, j'espère que nous continuerons à l'employer et qu'elle sera adoptée aussi par les gouvernements populaires (ou comités militaires et administratifs) des grandes régions administratives et par ceux des provinces et des municipalités. Pour le moment, notre Conférence n'a qu'un caractère consultatif, mais en fait ses décisions seront naturellement adoptées et exécutées par le Gouvernement populaire central, et elles doivent l'être.

Nous avons approuvé à l'unanimité le rapport sur le travail du Comité national et les rapports du Gouvernement populaire central sur les divers secteurs de son activité: réforme agraire, travail politique, affaires militaires, économie et finances, recouvrement de l'impôt, culture et enseignement, justice.

Ces rapports sont tous bons; ils font comme il convient le bilan de l'expérience acquise dans notre activité pendant la période écoulée et définissent les principes directeurs pour le travail à venir.

Si tant de questions figuraient à l'ordre du jour de la présente session, c'est que depuis la fondation de notre nouvel Etat le travail a été mis en train et se développe dans tous les secteurs.

Le peuple chinois, plein d'ardeur et d'énergie, mène sur les divers fronts les grandes luttes d'une vraie révolution populaire.

Que ce soit sur les fronts militaire, économique, idéologique ou sur celui de la réforme agraire, ce sont autant de luttes grandioses, sans précédent dans l'histoire. Nous avions à faire le bilan de notre travail dans tous les secteurs et à définir les principes directeurs.

Voilà pourquoi nous avions tant de sujets à discuter. En vertu de la loi, notre Conférence doit tenir chaque année deux sessions; l'une aura beaucoup de questions à débattre et l'autre moins.

La Chine est un vaste pays dont la population dépasse effectivement 475 millions d'habitants et qui connaît maintenant une grande période historique de révolution populaire, cette situation exigeait que nous procédions ainsi; et c'est ce que nous avons fait; je crois que nous avons eu raison.

Au cours de cette session, ont été mis en discussion de nombreux problèmes dont le principal est celui de la réforme de l'ancien système agraire.

Nous avons approuvé, avec amendements et compléments utiles, le Projet de loi sur la réforme agraire (3), présenté par le Comité central du Parti communiste chinois. C'est très bien.

Ainsi, des centaines de millions de paysans de la Chine nouvelle vont avoir la possibilité de s'émanciper et notre pays réunira les conditions fondamentales pour son industrialisation; cela me réjouit et je m'en félicite.

La population chinoise est essentiellement formée de paysans.

C'est grâce à leur soutien que la révolution a triomphé; c'est encore grâce à leur soutien que le pays pourra s'industrialiser avec succès.

La classe ouvrière doit donc aider activement les paysans à entreprendre la réforme agraire; la petite bourgeoisie urbaine et la bourgeoisie nationale doivent elles aussi soutenir cette réforme, et à plus forte raison, les partis démocratiques et les organisations populaires.

Pendant la période historique de la démocratie nouvelle, la guerre et la réforme agraire constituent deux "passes" difficiles qui mettent à l'épreuve tout individu et tout parti politique en Chine.

Celui qui se range du côté du peuple révolutionnaire est un révolutionnaire, celui qui se range du côté de l'impérialisme, du féodalisme et du capitalisme bureaucratique un contre-révolutionnaire, celui qui se range en paroles seulement du côté du peuple révolutionnaire, mais agit tout autrement, n'est qu'un révolutionnaire en paroles; celui-là est un véritable révolutionnaire qui se range non seulement en paroles mais en actes du côté du peuple révolutionnaire.

L'épreuve de la guerre est d'ores et déjà pratiquement surmontée; et nous l'avons bien traversée à la satisfaction de tout le peuple.

Il s'agit maintenant de passer l'épreuve de la réforme agraire; j'espère que nous la surmonterons tout aussi bien que nous l'avons fait pour celle de la guerre.

Nous devons procéder à de plus amples examens et consultations, éclairer notre esprit, coordonner nos pas et établir un grand front uni antiféodal; c'est ainsi que nous saurons conduire le peuple et l'aider à triompher de cette épreuve.


Les épreuves de la guerre et de la réforme agraire une fois franchies, nous traverserons sans trop de difficultés l'épreuve qui nous attend encore, celle du socialisme, de la transformation socialiste à l'échelle nationale.

Ceux qui ont apporté leur contribution au cours de la guerre révolutionnaire, qui continuent de le faire dans la réforme révolutionnaire du système agraire et qui en feront autant dans l'édification économique et culturelle pendant les années à venir, le peuple ne les oubliera pas lors de la nationalisation de l'industrie privée et de la socialisation de l'agriculture (dans un avenir encore lointain), et ils ont devant eux de brillantes perspectives.

Voici donc comment notre pays poursuit sa marche en avant à pas assurés: Ayant passé par la guerre, il procède aujourd'hui aux réformes de démocratie nouvelle, et lorsque notre économie et notre culture auront atteint une grande prospérité, que les conditions nécessaires auront été réunies et que le peuple aura donné son approbation après mûre réflexion, il entrera sans précipitation et de façon appropriée dans une période nouvelle, celle du socialisme.

J'estime qu'il est nécessaire de préciser ce point pour qu'on puisse faire confiance à l'avenir au lieu de se tracasser en se disant: "Un beau jour, on ne voudra plus de moi et, malgré mon bon vouloir, je ne trouverai plus l'occasion de servir le peuple."

Non, pareille chose ne se produira jamais.

Si quelqu'un veut vraiment servir le peuple, s'il a réellement aidé le peuple dans ses moments difficiles, s'il a bien agi et continue de bien agir, sans s'arrêter à mi-chemin, le peuple et le gouvernement populaire n'auront aucune raison de le renier et de lui refuser les moyens de vivre et de servir le pays.

Pour atteindre notre objectif grandiose, nous devons, sur le plan international, nous unir étroitement avec l'Union soviétique, les pays de démocratie populaire et toutes les forces de paix et de démocratie.

A cet égard, il ne faut pas avoir la moindre incertitude, ni la moindre hésitation.

A l'intérieur du pays, nous devons unir les diverses nationalités, les classes démocratiques, les partis démocratiques, les organisations populaires et tous les démocrates patriotes; nous devons consolider le grand front uni révolutionnaire que nous avons déjà constitué et qui a du prestige.

Nous accueillons favorablement tous ceux qui contribuent à la consolidation de ce front, car ce qu'ils font est juste; nous nous opposons à tous ceux qui portent atteinte à cette consolidation, car ils ont tort.

Pour consolider le front uni révolutionnaire, il faut se servir de la critique et de l'autocritique. Le principal critère à suivre dans l'emploi de cette méthode, c'est notre loi fondamentale actuelle - le Programme commun. Conformément à ce Programme, nous avons pratiqué au cours de la présente session la critique et l'autocritique. C'est une excellente méthode qui nous engage à défendre fermement la vérité et à corriger nos erreurs, c'est la méthode correcte, la seule qui permette au peuple révolutionnaire d'un Etat populaire de s'éduquer et de se transformer.

L'exercice de la dictature démocratique populaire implique deux méthodes: A l'égard des ennemis, celle de la dictature; autrement dit, aussi longtemps qu'il sera nécessaire, nous ne leur permettrons pas de participer à l'activité politique, nous les obligerons à se soumettre aux lois du gouvernement populaire, nous les forcerons à travailler de leurs mains pour qu'ils se transforment en hommes nouveaux.

Par contre, à l'égard du peuple, ce n'est pas la contrainte, mais la méthode démocratique qui s'impose; autrement dit, le peuple a le droit de participer à l'activité politique; il faut employer à son égard les méthodes démocratiques, d'éducation et de persuasion, au lieu de l'obliger à faire ceci ou cela.

Cette éducation, c'est l'auto-éducation au sein du peuple; la critique et l'autocritique en constituent la méthode fondamentale. J'espère que cette méthode sera adoptée par les diverses nationalités, les classes démocratiques, les partis démocratiques, les organisations populaires et tous les démocrates patriotes de Chine.


NOTES

(1) A l'époque, le pays était divisé en six grandes régions administratives: la Chine du Nord-Est, la Chine du Nord, la Chine de l'Est, la Chine du Centre-Sud, la Chine du Sud-Ouest et la Chine du Nord-Ouest. Dans chacune d'entre elles, le Comité central du Parti communiste chinois avait instauré un bureau en tant que son organe représentatif.

A l'exception de la Chine du Nord, les cinq autres avaient chacune établi un organe administratif appelé respectivement gouvernement populaire dans la Chine du Nord-Est et comité militaire et administratif dans la Chine de l'Est, la Chine du Centre-Sud, la Chine du Sud-Ouest et la Chine du Nord-Ouest.
En novembre 1952, lorsque fut établi dans la Chine du Nord un comité administratif, ces organes administratifs prirent tous le nom de comité administratif.

En 1954, les comités administratifs des grandes régions ont été supprimés.

(2) Elus par les assemblées des représentants du peuple des divers milieux pour les provinces et municipalités, ces comités consultatifs avaient pour fonctions et pouvoirs d'assister les gouvernements populaires locaux dans l'application des décisions desdites assemblées, pendant que ces dernières n'étaient pas en session.

(3) II s'agit du Projet de loi sur la réforme agraire de la République populaire
de Chine, soumis le 14 juin 1950 par le Comité central du Parti communiste chinois à l'examen de la deuxième session du Comité national de la Irèe Conférence consultative politique du Peuple chinois.

Examiné et approuvé par cette session, le Projet a été soumis au Conseil du Gouvernement populaire central qui l'a adopté.

La Loi sur la réforme agraire de la République populaire de Chine, promulguée par le président du Gouvernement populaire central Mao Tsétoung, est entrée en vigueur le 30 juin de la même année.

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Vendredi 6 février 2009 5 06 /02 /2009 13:59

Jusqu’à 51 millions de chômeurs en plus à cause de la crise


(source : AFP 29/01/09)

La crise économique mondiale pourrait mettre au chômage jusqu’à 51 millions de personnes “si la situation continue de se détériorer”, a averti mercredi le Bureau international du travail (BIT) dans son rapport sur l’emploi en 2009.

“Par rapport à 2007, le nombre de chômeurs pourrait augmenter de 18 à 30 millions à travers le monde, et même de 51 millions si la situation continue de se détériorer”, a affirmé le BIT.

Selon ce dernier scénario, le plus défavorable, le nombre de chômeurs dans le monde atteindrait 230 millions, contre 190 millions en 2008 et 179 millions en 2007, affirme le BIT.

Le rapport indique également que “plus de 200 millions de personnes, la plupart dans les économies en développement, pourraient venir grossir les rangs des travailleurs extrêmement pauvres” si ce “scénario du pire” se concrétisait.

Le BIT se veut “réaliste, non alarmiste”. Il considère que la crise économique “a élevé le niveau d’inquiétude” au sujet des répercussions sociales de la mondialisation.

“L’agitation sociale est déjà là”, a remarqué Juan Somavia, directeur général du BIT, qui a appelé les gouvernements à “ne pas oublier les gens” dans leurs plans de relance économique.

Selon M. Somavia, les pays du G20 qui se réuniront le 2 avril prochain à Londres doivent s’accorder, “outre les mesures financières, sur des mesures urgentes à prendre pour promouvoir l’investissement productif, les objectifs de travail décent et de protection sociale”.

Par ANTIFA - Publié dans : Anticapitalisme - Communauté : Groupes Antifascistes
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Dimanche 21 décembre 2008 7 21 /12 /2008 20:31

I. Le principal défaut, jusqu'ici, du matérialisme de tous les philosophes - y compris celui de Feuerbach - est que l'objet, la réalité, le monde sensible n'y sont saisis que sous la forme d'objet ou d'intuition, mais non en tant qu'activité humaine concrète, en tant que pratique, de façon non subjective. C'est ce qui explique pourquoi l'aspect actif fut développé par l'idéalisme, en opposition au matérialisme, - mais seulement abstraitement, car l'idéalisme ne connaît naturellement pas l'activité réelle, concrète, comme telle. Feuerbach veut des objets concrets, réellement distincts des objets de la pensée ; mais il ne considère pas l'activité humaine elle-même en tant qu'activité objective. C'est pourquoi dans L'Essence du christianisme, il ne considère comme authentiquement humaine que l'activité théorique, tandis que la pratique n'est saisie et fixée par lui que dans sa manifestation juive sordide. C'est pourquoi il ne comprend pas l'importance de l'activité " révolutionnaire ", de l'activité " pratique-critique ".

II. La question de savoir s'il y a lieu de reconnaître à la pensée humaine une vérité objective n'est pas une question théorique, mais une question pratique. C'est dans la pratique qu'il faut que l'homme prouve la vérité, c'est-à-dire la réalité, et la puissance de sa pensée, dans ce monde et pour notre temps. La discussion sur la réalité ou l'irréalité d'une pensée qui s'isole de la pratique, est purement scolastique.

III. La doctrine matérialiste qui veut que les hommes soient des produits des circonstances et de l'éducation, que, par conséquent, des hommes transformés soient des produits d'autres circonstances et d'une éducation modifiée, oublie que ce sont précisément les hommes qui transforment les circonstances et que l'éducateur a lui-même besoin d'être éduqué. C'est pourquoi elle tend inévitablement à diviser la société en deux parties dont l'une est au-dessus de la société (par exemple chez Robert Owen).

La coïncidence du changement des circonstances et de l'activité humaine ou auto-changement ne peut être considérée et comprise rationnellement qu'en tant que pratique révolutionnaire.

IV. Feuerbach part du fait que la religion rend l'homme étranger à lui-même et dédouble le monde en un monde religieux, objet de représentation, et un monde temporel. Son travail consiste à résoudre le monde religieux en sa base temporelle. Il ne voit pas que, ce travail une fois accompli, le principal reste encore à faire. Le fait, notamment, que la base temporelle se détache d'elle-même, et se fixe dans les nuages, constituant ainsi un royaume autonome, ne peut s'expliquer précisément que par le déchirement et la contradiction internes de cette base temporelle. Il faut donc d'abord comprendre celle-ci dans sa contradiction pour la révolutionner ensuite pratiquement en supprimant la contradiction. Donc, une fois qu'on a découvert, par exemple, que la famille terrestre est le secret de la famille céleste, c'est la première désormais dont il faut faire la critique théorique et qu'il faut révolutionner dans la pratique.

V. Feuerbach, que ne satisfait pas la pensée abstraite, en appelle à l'intuition sensible ; mais il ne considère pas le monde sensible en tant qu'activité pratique concrète de l'homme.

VI. Feuerbach résout l'essence religieuse en l'essence humaine. Mais l'essence de l'homme n'est pas une abstraction inhérente à l'individu isolé. Dans sa réalité, elle est l'ensemble des rapports sociaux.

Feuerbach, qui n'entreprend pas la critique de cet être réel, est par conséquent obligé :

  1. De faire abstraction du cours de l'histoire et de faire de l'esprit religieux une chose immuable, existant pour elle-même, en supposant l'existence d'un individu humain abstrait, isolé.
  2. De considérer, par conséquent, l'être humain uniquement en tant que "genre", en tant qu'universalité interne, muette, liant d'une façon purement naturelle les nombreux individus.

VII. C'est pourquoi Feuerbach ne voit pas que l' " esprit religieux " est lui-même un produit social et que l'individu abstrait qu'il analyse appartient en réalité à une forme sociale déterminée.

VIII. Toute vie sociale est essentiellement pratique. Tous les mystères qui détournent la théorie vers le mysticisme trouvent leur solution rationnelle dans la pratique humaine et dans la compréhension de cette pratique.

IX. Le résultat le plus avancé auquel atteint le matérialisme intuitif, c'est-à-dire le matérialisme qui ne conçoit pas l'activité des sens comme activité pratique, est la façon de voir des individus isolés et de la société bourgeoise.

X. Le point de vue de l'ancien matérialisme est la société " bourgeoise ". Le point de vue du nouveau matérialisme, c'est la société humaine, ou l'humanité socialisée.

XI. Les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe c'est de le transformer.

Par ANTIFA - Publié dans : Anticapitalisme
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