Georges Jackson
Jamais nous n'aurons une définition complète du fascisme, parce qu'il est en constante évolution, montrant un visage nouveau chaque fois qu'il doit affronter une série donnée de problèmes, de menaces contre la prédominance de la classe dirigeante, traditionaliste et capitaliste.
Mais s'il fallait à toute force, pour parler clair le définir d'un mot assez simple pour être compris de tous, ce mot serait « réforme ». Si on lui ajoute l'adjectif « économique », la définition sera plus précise.
« Réforme économique », voilà qui se rapproche beaucoup d'une définition admissible des forces motrices du fascisme.
Pareille définition peut servir à clarifier les choses, même si elle en laisse beaucoup sans explication. Toute réforme économique de nature à perpétuer l'hégémonie de la classe dirigeante doit être travestie en gain positif pour les masses qui font pression vers le haut.
Letravestissement apparaît comme un troisième stade de l'émergence et du développement de l'État fasciste.
L'État industriel, l'État fasciste moderne, a découvert qu'il est capital de dissimuler l'opulence et la vie de loisir de sa classe dirigeante en offrant aux classes inférieures une espèce de marché aux puces qu'on appelle consommation de masse.
UNE LAME DANS LA GORGE DU FASCISME,
Georges Jackson, Du recul, USA,1971.