GANDRANGE DANS L'OUBLI!

Publié le par ANTIFA

ArcelorMittal Gandrange: élus et syndicats lorrains accusent Sarkozy de mensonge METZ (AFP) —

Un an après la promesse de Nicolas Sarkozy de maintenir en totalité l'activité de l'aciérie d'ArcelorMittal à Gandrange (Moselle), élus et syndicats lorrains s'estiment floués et accusent le chef de l'Etat de leur avoir menti. "L'année dernière à Gandrange, Nicolas Sarkozy avait promis que l'Etat allait mettre de l'argent pour sauver l'aciérie, pour sauver les emplois. Un an après, rien n'a été fait", estime la députée (PS) de la Moselle, Aurélie Filippetti, en accusant le président de la République d'avoir "trahi sa parole". "Il faudrait qu'il (le président) revienne à Gandrange (...) pour s'expliquer", poursuit Mme Filippetti en prévenant qu'"aujourd'hui, les salariés l'attendent non pas avec des grains de riz, comme l'année dernière pour son voyage de noces, mais (...) avec des boulons". Le 4 février 2008, à l'issue d'une visite très médiatisée de 45 minutes de l'aciérie mosellane, M. Sarkozy s'était engagé devant quelque 400 sidérurgistes à faire prendre en charge par l'Etat "tout ou partie des investissements nécessaires" pour maintenir l'aciérie en activité. Mais le 13 février suivant, tout en annonçant un bénéfice net 2007 de quelque 8 milliards d'euros, Lakshmi Mittal, le patron indien d'ArcelorMittal, avait fait valoir qu'une restructuration de Gandrange était "la meilleure solution pour la Lorraine", confirmant la suppression de 575 des 1.108 emplois du site. Mardi, le secrétaire d'Etat à l'Industrie Luc Chatel a déclaré qu'il irait en Lorraine prochainement pour signer les deux conventions de réindustrialisation des bassins d'emploi touchés par la restructuration du site de Gandrange. "Je serai dans quelques jours en Lorraine pour la signature de deux conventions qui vont concrétiser les engagements qui avaient été pris par le groupe ArcelorMittal devant le président de la République", a-t-il affirmé.


Pour Jacky Mascelli, élu CGT au comité d'établissement de Gandrange, la promesse faite par M. Sarkozy aux "Gandranges" procédait d'un "discours trompeur et manipulateur". "Le chef de l'Etat nous avait promis que si ArcelorMittal n'investissait pas à Gandrange, il trouverait une solution pour garantir l'emploi. Aujourd'hui, nous en sommes à essayer de faire respecter le plan social", ajoute, amer, le syndicaliste. Selon lui, seulement 43 salariés ont bénéficié d'une mutation effective alors qu'il en reste 400 autres à reclasser. "En décembre, la production a été de 1.500 tonnes (t) contre 90.000 t/mois normalement. Le site tourne au ralenti et des mesures de chômage partiel sont imposées aux ouvriers alors que le groupe va annoncer prochainement 10 milliards de bénéfices pour 2008", regrette M. Mascelli. En janvier dernier, élus et syndicats lorrains s'étaient déjà dits déçus par un plan de revitalisation du bassin de Gandrange présenté en préfecture à Metz. La construction d'une centrale à gaz Poweo, qui devait créer des centaines d'emplois, n'y figurait plus et un projet de formation aux métiers de la métallurgie ne concernait plus que 20 jeunes, au-lieu des 120 prévus, avaient-ils constaté. Pour les sénateurs socialistes Jean-Marc Todeschini et Gisèle Printz, ce plan "sous-estime complètement l'impact de l'arrêt de Gandrange sur la sous-traitance". "Au total, ce seront 3.500 emplois qui seront touchés par la restructuration où les sous-traitants ont été complètement oubliés", estiment-ils dans un communiqué reçu mardi.

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Publié dans Metz-Nancy

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